A la recherche des civilisations anciennes
Je lance une nouvelle émission de radio : À la recherche des civilisations anciennes. Ma troisième émission.
Changement total de décor par rapport aux Chroniques de l'Etrange. Ici, nous sommes dans le documentaire. Il se trouve simplement que, dans les années 90, j'écrivais des articles pour des magazines historiques. Une époque lointaine de ma vie. Si lointaine que lesdits magazines ont disparu depuis longtemps. J'ai retrouvé les fichiers de mes articles et je me suis dit qu'il serait absurde de les laisser inutilisés. Aussitôt dit, j'ai contacté M. Clément-Faivre et lui ai proposé d'adapter ces vieux textes sous forme de documentaire radiophonique.
Le résultat est là : un documentaire de 16 émissions entre 8 et 10 minutes, lesquelles présentent rapidement les civilisations des mégalithes, les Sumériens, les Babyloniens, les Hittites, les Phéniciens et les Egyptiens. C'est de la vulgarisation historique, intéressante et toujours distrayante. M. Clément-Faivre s'est chargé lui-même de l'enregistrement et de l'habillage technique.
Il n'y a plus qu'à espérer que le succès égalera celui des Chroniques !
L'émission est ici :
http://www.camcf.com/radio.htm
Une interview sur le blog de Myriam Salomon Ponzo
L'écrivaine Myriam Salomon Ponzo m'a fait une interview sur son blog :
Franchement, c'était amusant et intéressant !
Mon auto-interview
J'ai un problème : c'est que personne ne s'intéresse à moi. Logique, bien sûr, en voyant la place modeste que j'occupe dans le paysage culturel de ce pays. En tout cas, je ne reçois jamais de demande d'interview et je ne peux jamais répondre à des questions sur moi-même, ou sur mon oeuvre. Alors, il m'est venu une idée : m'interviewer moi-même. Je me pose des questions et j'y réponds. Tout seul, comme un grand. Amusant, non ? Voici le résultat :
1/C'est vous, Manuel Ruiz ? Il paraît que vous n'êtes pas satisfait de votre nom ?
Pas vraiment. C'est un nom, et un prénom, trop communs. Difficile d'attirer l'attention avec ça. J'aurais dû prendre un pseudonyme, mais quand on est jeune, on ne pense pas à ces choses-là.
2/C'est vous qui faites croire aux gens que vous êtes écrivain alors que c'est faux ? Vous êtes un imposteur.
Non, non, je suis vraiment écrivain. La preuve est que je suis inscrit à la SGDL. Or, pour être admis, il faut pouvoir justifier d'au moins une édition à compte d'éditeur, et présenter le contrat. Ma carte de la SGDL est donc la preuve irréfutable que je suis réellement un écrivain. Maintenant, si vous voulez dire que je suis un écrivain inconnu, marginal, ignoré, isolé, c'est la stricte vérité. Mais écrivain néanmoins.
3/Et vous n'avez pas honte de n'avoir jamais trouvé le succès après tant d'années ?
J'en ai eu honte, mais plus aujourd'hui. En revoyant mon parcours, je m'aperçois que j'ai eu ma chance, mais que je n'ai pas su la saisir. C'est un peu banal, mais c'est ainsi.
4/Votre parcours ? Un bien grand mot ! Déjà, vous ne faites pas dans l'originalité : vous avez commencé à écrire dans votre enfance, comme tout le monde.
Oui, comme tout le monde. À l'époque, il y avait des cahiers d'école avec une page blanche et une page quadrillée. C'est là-dessus que j'ai commencé à écrire. Depuis, je n'ai jamais arrêté. J'ai écrit au stylo, à la machine à écrire, sur un ordinateur. J'ai pris des notes sur des carnets, des feuilles volantes. J'ai jeté du papier à la corbeille. Je ne sais plus combien de pages j'ai noircies. Une vie entière à écrire. J'en ai le vertige quand j'y pense.
5/À écrire quoi ? Vous n'avez cessé de changer de genre !
Pas tout à fait vrai : je suis toujours resté dans le cadre de la littérature populaire. Ensuite, j'ai changé de créneau plusieurs fois, oui. Simplement parce que je n'avais pas le choix : tous les 4 ou 5 ans, je devais repartir à zéro. C'est ainsi que j'ai écrit successivement des polars, des romans historiques, des articles de presse, des thrillers, de la science-fiction, du fantastique. Le plus drôle est que c'est dans le dernier genre que j'ai le mieux réussi, alors que c'était celui auquel je pensais le moins ! Aujourd'hui, je crois pouvoir dire que je suis enfin stabilisé dans la littérature de l'étrange, parce que c'est ainsi que la plupart des gens me connaissent.
6/Si vous aviez trouvé un éditeur, cela aurait mieux marché, non ?
En effet, mais justement, je n'en trouvais pas. Pourtant, j'ai failli réussir. Le Fleuve Noir avait accepté un de mes premiers polars. Mais à ce moment, la collection qui devait l'accueillir a été supprimée. Pas de chance. Quelques années plus tard, un directeur de collection de J.C. Lattès m'a reçu dans son bureau pour un roman historique. Il m'a dit qu'il souhaitait personnellement le publier, mais que la conjoncture économique n'était pas bonne. Pas de chance, là non plus. Ainsi donc, ce n'est pas faute d'avoir cherché : j'ai passé ma jeunesse à poster des manuscrits. Mais je n'ai pas trouvé d'éditeur. Plus tard, grâce à Internet, j'en ai enfin trouvé. Seulement, c'était des petits éditeurs, sans moyens. Pour résumer, c'est moi qui devait vendre les livres à leur place. Impossible de percer dans ces conditions.
7/Toujours la faute aux autres ! Vous n'avez donc jamais fait de bêtises, vous ?
Si, si. Ma principale a été la presse. À une époque, j'écrivais des articles pour des magazines, et ça marchait fort bien. J'aurais dû continuer et investir dans un groupe de presse. Cela aurait été formidable. Mais comme j'avais un emploi et un salaire stables, je n'ai pas osé. Ce fut la grande erreur de ma vie.
8/Et aujourd'hui, vous embêtez tout le monde avec un feuilleton radio qui n'existe pas ?
Il existe, et c'est une réalisation formidable. Le problème est que les radios ne tiennent jamais leurs promesses. Voilà pourquoi seuls quelques amis ont pu entendre un certain nombre d'épisodes. C'est aussi frustrant que l'édition, quoique d'une autre manière.
9/Et vous allez continuer à enquiquiner le monde avec vos écrits ?
Bonne question. En fait, je n'en sais rien. Je le répète : j'ai eu ma chance dans la littérature et je n'ai pas su la saisir. Aujourd'hui, je sais que je ne percerai jamais. Alors, continuer à écrire ? C'est dur de trouver une motivation après tant d'années. Même les concours de nouvelles ne me motivent plus.
10/Et si c'était à refaire ?
Comme ça, à brûle-pourpoint, je vous dirais que je ne recommencerais pas. Tant d'efforts pour si peu de choses ! Le sentiment d'une vie gâchée. Ensuite, je réfléchis et... je me demande ce que je pourrais bien foutre. Je ne sais rien faire d'autre qu'écrire. Alors, je suppose que je recommencerais quand même, d'une autre manière.
Un article sur le Cycle de l'Etrange
L'écrivaine Myriam Salomon Ponzo a fait une chronique sur mon Cycle de l'Etrange et l'a mis sur son blog :
Un avis de Béatrice Kerjosse sur Le Cycle de l'Etrange
les nouvelles de Manu sont très agréables à lire , les personnages bien "plantés", les histoires bien menées avec des pointes de mystère qui attisent et des chutes toujours soignées qui déstabilisent ... j'ai "craqué" sur plusieurs , celles qui m'ont le plus touchée : "Le monde des Toits" (elle me vient de suite à l'esprit, elle pourrait être un roman qui serait envoutant), "La peur" (effrayante), "Avant et après" (une nouvelle très belle, très aboutie) et tant d'autres comme par exemple "L'écrivain" ou "le temps à l'envers" dans des genres différents mais très bien écrites ... je n'ai pas lu le livre cursivement , j'ai pris les nouvelles au hasard , il m'en reste quelque unes à lire ... pas beaucoup hélas
Une interview pour une universitaire à propos de"L'île de Circé"
Mme Lucille A... est une universitaire qui prépare un doctorat sur la mythologie grecque. Elle m'a adressé un questionnaire à propos de mon roman "L'île de Circé". Ce fut un plaisir de lui répondre. Le voici :
Monsieur Ruiz,
Je vous remercie pour votre réponse rapide et pour l'attention que vous voulez bien porter à mon étude.
Voici donc mes questions :
- Quelles oeuvres vous ont particulièrement inspirées pour votre réécriture ?
En dehors des livres directement sur la mythologie, j’ai surtout utilisé « La vie quotidienne en Grèce au temps de la Guerre de Troie » et « La vie quotidienne en Crète au temps de Minos », tous deux chez Hachette. Le premier, surtout, est une incroyable mine d’informations.
- Dans la légende homérique, Circé ne représente qu'un fragment de la légende d'Ulysse. Or vous la peignez comme la protagoniste au centre de votre ouvrage. Comment expliqueriez-vous la transposition des rôles de ces deux personnages ?
Ce roman fait partie d’une trilogie de romans historiques et fantastiques. J’ai d’abord écrit un livre inspiré par la légende de Tristan et Iseult, puis celui-ci, et puis un troisième inspiré par la légende de Gilgamesh. Chaque fois, je me concentrais sur un aspect de la légende pour développer mon roman. Ici, j’ai été frappé par un paradoxe : c’est que Circé apparaît d’abord très méchante. Et puis, on découvre qu’Ulysse a vécu deux ans avec elle et lui a fait deux enfants. On se dit alors qu’elle ne devait pas avoir que des défauts. C’est ainsi que j’ai imaginé d’en faire le personnage central. Avec le recul, c’était une idée étrange, mais je ne regrette rien. Pour un romancier, c’est bien de prendre un personnage secondaire et d’en faire un protagoniste, car cela nécessite un développement.
- Il existe de nombreux personnages féminins dans les mythes, pourquoi avoir choisi Circé comme héroïne ?
Ainsi que je le disais plus haut, j’ai d’abord écrit un roman sur Tristan et Iseult, dans lequel la douce princesse devenait une horrible sorcière. En tant que romancier, j’aime bien brouiller les pistes. Quand j’ai décidé de m’attaquer à la mythologie grecque, mon attention a tout de suite été attirée par Circé. Je me suis demandé d’où elle venait, comment elle s’était retrouvée sur cette île. Bref, je me suis dit qu’elle devait avoir un parcours. Et un parcours, pour un romancier, équivaut à un roman.
- Dans votre oeuvre vous représentez Circé comme un personnage duel, liminal. Elle oscille ainsi à la fois entre le rôle de victime des autres et particulièrement des hommes et un rôle de prédatrice, de femme fatale. Outre la reprise de cette thématique paradoxale légendaire, comment expliqueriez-vous ce choix ?
Est-ce vraiment un choix ? Nous sommes tous tour à tour victime et coupable. C’est du moins ainsi que je vois la vie. Circé ne m’aurait jamais intéressé si elle avait été une tendre jeune femme cueillant des fleurs : elle a des défauts et c’est tant mieux. Enfin, il est certain que mieux vaut la rencontrer quand elle est de bonne humeur !
- Les origines divines de Circé sont très souvent à l'origine de ses pouvoirs (connaissances en herboristerie, pouvoir d'envoûtement etc.). Or vous ne mentionnez pas cette illustre ascendance. Pourquoi ? et dans ce cas quelle est votre interprétation quant à l'origine de telles capacités suprahumaines ?
Comme dans les autres romans de cette trilogie, j’ai choisi d’ignorer les aspects divins pour me concentrer sur le contexte historique. J’essaye de donner à mes personnages des origines concrètes. Pour les pouvoirs étonnants de Circé, j’ai appliqué les principes de la littérature fantastique : on ne sait pas si elle charme vraiment les animaux, ou si elle le fait croire aux autres. C’est tout le principe de la littérature fantastique.
- Circé se caractérise également de façon récurrente par son refus de la maternité. Elle représente donc une femme séductrice mais qui ne procrée pas. Or elle a deux enfants dans votre livre, d'ailleurs la première scène de rencontre avec Vlahis est compromise par l'accouchement de son deuxième enfant. Ce thème de la maternité se retrouve également dans le rôle d'éducatrice que tient Circé auprès de Vlahis. Comment expliqueriez-vous ces choix ?
Ce n’est pas un choix ! Il est dit dans la mythologie que Circé a eu deux enfants avec Ulysse : je ne pouvais pas les évacuer ! D’une façon plus générale, il est vrai que les romanciers n’apprécient pas trop les enfants, car ils gênent les récits. Difficile de propulser un aventurier au bout du monde s’il a des gamins qui l’attendent à la maison.
- Pourrait-on dire que vous définissez dans votre oeuvre l'humanité par sa dualité ? Dualité d'ailleurs caractéristique chez Circé.
Pour ma part, je distingue l’humanité et les humains. J’aime l’humanité, je n’aime pas les humains. L’humanité est grande, les humains sont petits. C’est particulièrement marquant dans la science-fiction : des galaxies grandioses, des technologies grandioses, et les hommes qui apparaissent obéissent à des motivations dérisoires. Quelquefois, je me dis que les humains ne sont pas dignes de l’humanité.
- Pour vous, Circé serait-elle davantage une magicienne, qui userait de ses dons à des fins bénéfiques, ou davantage une sorcière, qui se placerait du côté de la magie noire ?
L’une ou l’autre, selon la convenance du moment ! En fait, il n’y a pas de magiciennes ou de sorcières : c’est nous qui les voyons avec des yeux différents, selon l’opinion que nous avons d’elles.
- Vous présentez à plusieurs reprises les Grecs, dont Ulysse et ses compagnons et tout particulièrement Euryloque, comme des êtres rustres, coléreux etc. Cet aspect diffère fortement de la présentation qu'en fait Homère dans l'Odyssée, bien qu'il s'agisse d'une création littéraire et non d'une oeuvre historique. Comment expliqueriez-vous ce choix ? Serait-ce pour renforcer par contraste la position de victime que vous faites revêtir à Circé ?
C’est tout simplement que j’ai lu pour me documenter « La vie quotidienne en Grèce au temps de la Guerre de Troie » (Hachette). J’ai été stupéfait par la description des mœurs de l’époque : barbarie, violence, archaïsme, misère, épidémies. Cette description historique se situait à des années-lumière des poèmes homériques. J’ai alors décidé de jouer justement sur cette barbarie, afin de créer une ambiance pour mon roman. C’est le décalage entre ce livre d’histoire et Homère qui m’a frappé et qui a fait le livre. Quant au comportement d’Ulysse et ses compagnons, il est conforme à ce qu’on sait des navigateurs de l’époque : ils étaient tour à tour navigateurs ou pirates, selon les circonstances. Cela valait pour les Grecs ou les Phéniciens. En comparaison, c’est vrai que Circé apparaît gentille, alors qu’elle ne l’est pas toujours.
- La couleur rouge domine vos descriptions quant au personnage de Circé, qu'il s'agisse de son corps, attributs, vêtements. Pour vous, que symbolise cette couleur ? En quoi est-elle caractéristique du personnage de Circé ?
Alors là, ça m’avait échappé ! Je vais devoir relire le livre. Mais quand je lisais des romans sur l’Antiquité, dans mon enfance, le mot « pourpre » revenait fréquemment. C’est peut-être une explication.
Je vous remercie par avance de votre réponse et du temps que vous voudrez bien consacrer à ces quelques questions.
Cordialement.
L.A
Diffusions sur Liberté et Radio Shalom
La série vient d'être diffusée sur Radio Liberté (24) et Radio Shalom Besançon (25). Alors, Shalom à tous !
Le Cycle de l'Etrange Premier Cycle
L'ensemble de mes histoires étranges est désormais réuni dans un seul et unique cycle. J'ai estimé que c'était préférable à les voir dispersées un peu partout. Le Cycle sera disponible sur The Book Edition en deux tomes. Voici le premier, déjà à la vente.
http://www.thebookedition.com/le-cycle-de-l-etrange-premier-cycle-manuel-ruiz-p-63945.html
Le second devrait être édité à l'automne.
Diffusions radiophoniques de février et mars 2011
Février et mars 2011 resteront comme une période faste pour notre cycle. Jugez plutôt :
Les Chroniques de l'Etrange ont été diffusés sur La Voix du Béarn, Amitié Vesoul, Zema 48, Mercure 60 et Dreyeckland. Dans trois de ces cas, il s'agissait de rediffusion.
La Deuxième Saison a été diffusée en février sur Zema 48, Mercure 60, et en mars sur Radio Bonne Humeur 64, et Radio Association 82. Bonne Humeur a aussi demandé une rediffusion.
C'est ce qui s'appelle un tir groupé. Le Cycle poursuit son chemin et c'est tant mieux.
Diffusions de février
Voilà un moment que je n'informais plus sur les diffusions de l'émission. Essayons de nous rattraper, d'autant que février a été bénéfique.
Ce mois-ci, la première saison a été diffusée sur : La Voix du Béarn (rediffusion) - Amitié Vesoul (rediffusion) - Zema (rediffusion) - Dreyeckland (rediffusion) - Mercure.
Le deuxième saison a été diffusée sur : Mercure - Zema .


